Petit panorama des arts décoratifs à la Renaissance

 (ou influence de l'histoire des arts décoratifs à la Renaissance sur la production du Miroir aux Prêles).

 La présentation inscrit d'abord la production actuelle dans la tradition des différentes matières céramiques existant à la Renaissance. Sont définies par l'exemple la terre vernissée d'origine médiévale, et les différentes faïences : Iznik ; céramique hispano-mauresque ; majolique italienne.  Grès du Beauvaisis, de Bourgogne et de Rhénanie sont bien sûr présentés, et un mot est aussi dit de la porcelaine des Médicis.

 On étudiera ensuite différentes formes, issues des pièces d’orfèvrerie, de la verrerie, de la céramique et du travail pré-baroque de l’ivoire ; on soulignera la place prédominante de Nuremberg.

Très courante au XVème siècle en Turquie ottomane ou dans la Valence hispano-mauresque, la coupe godronnée est largement reprise en Italie au XVIème ; ici à gauche, un exemple en verre a lattimo du Louvre, c’est la crespina. A droite, caractérisé par une aile large et plate, ici décorée d'un décor de trophée, un marli bien marqué et un fond creux, le tondino ou petit plat rond est également une création orientale du XVème siècle très répandue dans l’Italie du XVIème. Sa version large en étain donnera le plat « cardinal » au XVIIème.

Une petite grammaire des arts décoratifs à la Renaissance présente et définit, par l'exemple toujours, rinceaux de feuillage et candélabres, ce que sont les décors de grotesques et de cuirs découpés, ainsi que les entrelacs et mauresques d'origine orientale. 

                                                       

Venus de Turquie ottomane via les plaques tournantes commerciales et culturelles que furent Venise et Gènes au quattrocento, de nouveaux décors ont envahi toutes les surfaces : parmi ceux-ci, les mauresques. Celles-ci sont alors reprises et réinterprétées par des ornemanistes comme Jacques Androuet du Cerceau, Francisque Pellegrin (Fontainebleau,  les cinq exemples ci-dessus), Virgil Solis (Nuremberg) ou Peter Flötner  (travaille à Nuremberg , mais publications posthumes à Zurich, deux exemples ci-dessous). On souligne alors l'importance de la gravure dans la diffusion des nouveaux décors.

          

Ces motifs de mauresques couvrent notamment les armures de nos rois au XVIème siècle et les reliures de beaux livres. Franz Fenris G. reprend ce vocabulaire et réalise en terre cuite les outils avec lesquels la terre est marquée en creux avant remplissage au moyen d’un engobe de couleur différente. 

                

Il est bien sûr impossible de passer sous silence la production palisséenne et le courant auquel elle se rattache.

Souvent seulement connu pour avoir brûlé son mobilier un jour où il était à court de combustible pour cuire ses céramiques exceptionnelles (ci-dessus), Bernard Palissy (1510-1590) est pourtant une figure remarquable de l’expression du style rustique au XVIème siècle. On retient souvent de Palissy la figure fantasque et l’on oublie le fondateur de la paléontologie moderne. Anecdotique, voire mineur, le style rustique est un éloge au vivant, soumis à une intention artistique, qui procède parfois par accumulations. Hommage à la vie dans sa dimension la plus rampante, grouillante, humide et insignifiante, il se rattache autant à la mode croissante des cabinets de curiosités chez les princes de la Renaissance qu’à un élan de l’humanisme savant vers ce que l’on appellera plus tard les sciences naturelles… Cette tendance européenne à employer des moulages d’animaux et végétaux d’après nature a notamment trouvé d’éblouissants défenseurs en Wenzel Jamnitzer (1508-1585), orfèvre à Nuremberg ou Joris Hoefnagel (1542-1600), enlumineur miniaturiste flamand.

Franz Fenris G. mêle parfois à ses compositions coquillages et ammonites comme autant de clins d’œil à cet aspect singulier des arts décoratifs de la Renaissance.

L ‘incrustation de terres colorées dans la céramique occidentale trouve quant à elle ses origines dans les carreaux de pavement dès la fin du XIIème siècle (terre rouge/terre blanche sous un vernis plombifère, l’alquifoux).  

     

Le procédé consistait à réserver l’ornement en creux, à la main ou au moyen d’une forme de bois estampée, dans la terre molle servant de support. L’empreinte était ensuite remplie de terre liquide de couleur différente (barbotine). Après un séchage partiel, un arasement soigné restituait le dessin en deux tons. 

        

La technique a été portée à son plus haut degré de raffinement et de finesse au XVIème siècle avec la céramique de Saint Porchaire (illustrations ci-dessus), pièces d’exception, destinées exclusivement aux princes. Les décors étaient alors incisés au moyen de fers à dorer les cuirs de reliure. 

A la poterie du Miroir aux Prêles, Franz Fenris G. reprend aujourd’hui la technique de l’incrustation pour réaliser des œuvres en grès ou en porcelaine non émaillés.

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